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Melancholia pour la rentrée

Bonne année à toutes et à tous. Après ces quelques semaines silencieuses revoici votre newsletter préférée.

Cette année 2012 devrait être riche en évènement : exposition, dédicace, sorties dvd, concert… puisque la 4ème Dimension essaye désormais d’animer ses locaux chaque mois avec des artistes de tous horizons.

Et pour commencer la rentrée, rien de mieux qu’une petite mise en bouche signée Lars von Trier pour se remettre dans le bain cinématographique : Mélancholia.

À l’occasion de leur mariage, Justine (Kirsten Dunst) et Michael (Alexander Skarsgård) donnent une somptueuse réception dans la maison de la sœur de Justine (Charlotte Gainsbourg) et de son beau-frère (Kiefer Sutherland). Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre…
Lars Von Trier nous surprend encore avec ce drame crépusculaire pourtant irradié d’une lumière inouïe.

L’éditeur (Potemkine), nous fait aussi la surprise de sortir Shotgun Stories, le premier long métrage de Jeff Nichols, le réalisateur de Take Shelter (en ce moment dans les salles), qui, en deux films, a imposé de la plus belle des manières son nom dans le paysage du cinéma américain.

Deux belles surprises qu’on vous propose donc de découvrir en location ou vente.

 

Deep End, de Jerzy Skolimowski

Le 1er chef-d’oeuvre de Jerzy Skolimowski sort cette semaine

Adolescent de 15 ans, Mike se rend à son tout premier jour de travail : il vient d’être embauché dans un établissement de bains publics de l’East End londonien. Sur place, sa collègue Susan est chargée de lui présenter les lieux. Le jeune homme est tout de suite attiré par cette jolie rousse plus âgée que lui. Alors qu’il découvre une atmosphère étrange autour de la piscine, Mike doit faire face aux avances d’une cliente échaudée. Peu à peu, Susan joue avec l’inexpérience du garçon, profitant de son admiration candide pour le faire plonger dans une dangereuse spirale de fantasmes et d’obsession…

Sous ses apparences de comédie outrancière ou de joyeux bizutage, Deep End dissimule un drame cruel de l’adolescence qui navigue entre thriller psychologique et tragédie romantique. Avec un sens ahurissant de la composition plastique, Jerzy Skolimowski suit la déambulation d’un garçon hanté par l’image d’un amour insaisissable. Cette œuvre au ton instable est une plongée frénétique dans l’East End, négatif sinistre du Swinging London qui invoque les ambiances de Répulsion (Roman Polanski) ou de Blow-Up (Michelangelo Antonioni). Traversé par la musique des seventies, de la folk-pop de Cat Stevens au rock expérimental du Groupe Can, Deep End est l’un des films emblématiques du cinéma indépendant.

Disponible en vente uniquement en DVD ou Blu-Ray
A découvrir également, et à la location, d’autres films de Jerzy Skolimowski : Essential Killing ou Quatre nuits avec Anna

Une Séparation, arrive en dvd

Memento films nous fait l’honneur d’éditer en dvd cette semaine, le film évènement de cette fin d’année : Une Séparation, d’Asghar Farhadi (Récompensé par 3 Ours au dernier Festival du film de Berlin)

Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s’occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l’accord de son mari, un homme psychologiquement instable…

La force du film est dans sa capacité à faire douter le spectateur, lui faire plusieurs fois changer de camp au fur et à mesure que se déroule l’intrigue. Asghar Farhadi use des théâtres intimes pour distiller l’idée qu’en Iran le mensonge et la manipulation se pratiquent à tous les niveaux, que les comportements que l’on y impose méritent d’être débattus, contestés.

Disponible en location et vente (ainsi que ses 2 précédents films : A propos d’Elly et la Fête du feu)

The Red Shoes

L’autre belle sortie de la semaine, c’est à Carlotta qu’on l’a doit : Les Chaussons Rouges,  de Michael POWELL & Emeric PRESSBURGER.

Avec un nouveau master HD, le film est un chef-d’œuvre impérissable du septième art, l’un des sommets de la collaboration entre Michael Powell et Emeric Pressburger. Grandiose production en Technicolor imprégnée d’une insaisissable magie, ce grand classique possède la capacité rare de marquer à jamais les esprits des spectateurs ; et pour cause, puisque Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma ou encore George Romero ont tous déclaré que leur envie de faire du cinéma n’aurait pas été aussi définitive sans leur toute première vision des Chaussons rouges.

Le soir de la première de Cœur de feu, le célèbre impresario Boris Lermontov – directeur de la prestigieuse troupe de ballet qui porte son nom – fait la connaissance de Victoria Page, une danseuse qui le persuade de l’engager. Dans le même temps, il embauche un jeune compositeur, Julian Craster, qui était venu se plaindre de plagiat. Intransigeant, Lermontov dirige ses employés d’une main de fer, exigeant d’eux qu’ils se vouent entièrement à leurs carrières. Lorsqu’il annonce son nouveau ballet, Les Chaussons rouges, inspiré du conte d’Andersen, il s’agit d’un projet d’une ampleur sans précédent : Craster le composera, Page le dansera ; ils deviendront des vedettes internationales, à condition de tout sacrifier à cet art…

Disponible en vente uniquement (DVD et Bluray)

Le Journal de David Holzam

Un drôle d’ovni débarque chez votre marchand de dvd favori, en vente et en location, via un petit éditeur, Survivance : Le Journal de David Holzman, de Jim McBride, 1967.

Pour mieux comprendre sa vie et puisque selon Godard « le cinéma c’est 24 fois la vérité par seconde », David Holzman, apprenti cinéaste dans le New-York des années 60 commence son journal filmé. Revoir le film de sa vie lui permettra peut-être d’en saisir le sens. Mais David Holzman va vite comprendre que l’omniprésence de la caméra dans son quotidien n’est pas sans influence sur le cour de son existence…

Tourné en 1967, Le Journal de David Holzman fait date dans l’histoire du cinéma. Le geste est assez important pour faire entrer le film au Registre national du film de la Librairie du Congrès, liste de d’œuvres clés du 7ème art. Précurseur du genre « documenteur », les premiers spectateurs y distinguent mal ce qui relève du documentaire et de la fiction. Passerelle entre les genres, réflexion sur l’altération du réel par l’acte de filmer, Jim McBride livre un film à la fois réflexif et léger, sensuel et cérébral. Quarante ans après sa réalisation, le film ne cesse d’être étudié et redécouvert. Il s’agit d’un des premiers (le premier ?) films de fiction qui cherche pleinement à se faire passer pour un documentaire en égrainant tous les indices du genre. Si le procédé du « faux documentaire » nous paraît aujourd’hui commun et a participé à la singularité ou au succès de films aussi divers que L’Ambassade (Chris Marker), Punishment Park (Peter Watkins), F for Fake (Orson Welles), C’est arrivé près de chez vous (Rémy Belvaux, André Bonzel & Benoît Poelvoorde), Le Projet Blair Witch (Daniel Myrick & Eduardo Sánchez) ou dernièrement Faites le mur ! (Banksy), Le Journal de David Holzman reste précurseur du genre et l’un des plus subtile, parce que l’artifice se double toujours d’une réflexion sur le cinéma. A l’apogée du cinéma direct, Jim McBride avait voulu en réaliser un exercice critique, montrer que le documentaire restait une affaire de mise en scène et de point de vue, en somme qu’il fallait toujours se méfier de “ce qui fait vrai”, de l’apparente objectivité du caractère enregistreur de la caméra. Ironiquement, le David Holzman du film affirme, en hommage à Godard, que « le cinéma c’est la vérité 24 fois par seconde »… ce qu’en fait le film met un soin pervers à démentir. La grande force du film est aussi de réfléchir sur la dimension voyeuriste du cinéma, sur ce qu’il se passe lorsqu’on filme l’intime.


Dans L’Epreuve du réel à l’écran (De Boeck), François Niney rappelle à ce titre que le film de McBride démontre « que pour être autre chose que du voyeurisme et de l’exhibitionnisme, le cinéma-vérité ou le cinéma direct exigeant soit la mise en scène d’un véritable dispositif d’échange entre filmer et filmés, (comme chez Rouch), soit la construction d’un espace objectif où puissent évoluer, se parler et se faire entendre les protagonistes, comme chez Wiseman […] Car la caméra subjective monomane ne laisse d’autre échappatoire aux filmés que d’être ses proies plus ou moins consentantes ou bien de l’éconduire. »

En cela David Holzman’s Diary dialogue assez secrètement avec Le Voyeur de Powell et Pressburger.

A découvrir sans plus attendre !

Alan Clarke sort en DVD !

Figure-clef du cinéma britannique des années soixante-dix et quatre-vingts, l’œuvre du cinéaste ne recule devant aucun des sujets brûlants de son époque et balaie le spectre de toutes les violences : prisons juvéniles (Scum, 1979), hooligans (The Firm, 1988), jeunes en déshérence (Made in Britain, 1982) ou guerre civile en Irlande du Nord (Elephant, 1989).

Réalisateur pour la BBC, Alan Clarke a néanmoins réalisé une véritable œuvre de cinéaste. Son travail donne à voir une société anglaise populaire, marginale et violente. Le choix de thématiques fortes – hooliganisme, mouvement skinhead – donne lieu à une mise en scène contrastée et physique dans laquelle sourd une grande empathie pour les personnages.

Potemkine vous propose de découvrir deux longs métrages (Scum, 1979, et Made in Britain, 1982) et deux moyens et courts métrage (The Firm, 1988, et Elephant, 1989).

Un bien beau coffret à offrir à noël ou à découvrir en location !

Voir les fiches du coffret et des DVD

Non au gaz de schiste !

A l’occasion de la sortie de Gasland en dvd, il est temps de faire un point sur le catalogue disponible en boutique des films documentaires sur les enjeux écologiques, agricoles, économiques et politiques de notre planète.

Vous n’êtes pas sans savoir que la 4ème Dimension se spécialise afin de proposer un important catalogue de ce qui existe dans le domaine. Accessible dans le commerce, je me bats auprès des différents éditeurs pour que ces films soient aussi disponibles en location. Aujourd’hui, le videoclub de Florac est donc l’un des rares à proposer ce type de catalogue spécialisé, et à moindre coût.

Souvent critiqués parce que trop alarmistes, les documentaires sur les enjeux environnementaux ou agricoles, restent quand même de très bons médias pour faire passer des informations primordiales sur la santé, l’écologie, les dérives industrielles ou politiques, …, auprès du grand public. Malheureusement le grand public est souvent réticent au visionnage et surtout à l’achat de ces œuvres à petit budget…

Mais qui dit petit budget, dit location dans un bon vieux video-club à 1€ les deux jours !

Avec plus de 60 films pour vous faire comprendre ce qu’il se passe autour de vous, La 4ème dimension s’engage pour soutenir ces réalisateurs et journalistes qui remportent pas le même succès en salle que Harry Potter ou Pirates des Caraïbes !

La 4ème Dimension dit :La 4ème Dimension, c’est aussi 30 films nouveaux au mois de septembre…