À Werner Schroeter, qui n'avait pas peur de la mort
de Philippe Azoury
de Philippe Azoury
Réalisateur de plus de trente films, metteur en scène de 75 opéras, à la fois cinéaste underground et héritier de Visconti et Pasolini, Werner Schroeter, mort en avril dernier, reste encore à découvrir.
Les défenseurs du cinéma de Schroeter sont aussi illustres que divers : Michel Foucault, Isabelle Huppert, Bulle Ogier, Fassbinder , Wim Wenders, Jean-Jacques Schuhl…
Le livre décrit en 70 fragments le fonctionnement intime, la respiration musicale, les constructions folles d’une œuvre unique.
Philipe Azoury, est critique de cinéma à Libération. Il a déjà publié plusieurs livres de cinéma (Fantômas, style moderne, Jean Cocteau et le cinéma : Désordres, Stigma).
Le Centre Pompidou consacre une rétrospective intégrale à Werner Schroeter et coédite ce livre avec les éditions Capricci.
Extrait : L’absence de peur face à la mort, où le jeune Allemand en a-t-il reçu l’enseignement ? Dans quel pays doté d’une vie violente ? Était-ce au Liban à l’hiver 1971 sur le tournage de Salomé, ou au Mexique en novembre 1973 alors qu’il filmait L’Ange noir ? À moins que ce ne soit un peu plus tôt, à la fin de l’été 1969 à Sorrente (au sud de Naples) sur le tournage (censé se situer en Espagne, à Almería…) de Prenez garde à la sainte putain, de Rainer Werner Fassbinder, un film qui se tournait en parallèle à Eika Katappa et dans lequel RWF avait demandé à Schroeter de jouer un photographe de plateau sans appareil photo – définition pas si nulle de Schroeter cinéaste : un observateur magicien qui n’a qu’à peine besoin d’une caméra pour transformer l’image en or.
Format : 12 x 17 cm, 112 pages
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